Voyage-Alpinisme Pérou-Bolivie 1983 - page 2                         Retour page 1

28 juin

Rendez-vous à 9h30 avec Charles, le frère d'Amparo. On visite le monastère de Santa Catalina. Très grand site, un village dans la ville. Après dîner, on va à la gare pour acheter des billets de train. On s'est convaincu qu'on ne pouvait rester plus longtemps à Arequipa si l'on voulait visiter Puno. On doit retourner à la gare car le guichet n'était pas ouvert. On fait aussi des commissions pour le voyage.
Le soir, à nouveau chez la famille d'Amparo pour souper. Des gens vraiment très gentils. Lucas nous accompagne à nouveau. On reboit des bières.

29 juin

A la gare, train première classe splendide. Lucas, Charles et Roselito sont venus pour nous dire au revoir.
Dans le train voyagent beaucoup de routards. Souvent, ils voyagent 6 à 12 mois ou plus. Il y a 2 Lausannois. Paysage très aride: puna. Train très comfortable, mais un petit peu monotone.
Arrivée à Puno sous la pluie et dans la nuit. Essai d'aller à l'hôtel Monterrey. Pas ok. On va finalement dans un autre hôtel, plus cher mais mieux: l'hôtel Nester. Il fait froid à Puno ce soir-là.

Image de rue

marché

30 juin

Soleil sur Puno. On va au marché d'artisanat. Il y a du choix et des belles choses. On craque. Pull, veste, sacs.
On voulait visiter les Uros mais on en a plus le temps. Fin de journée à bricoler dans la ville. Il fait toujours froid. On achète un billet de bus pour Yunguco, pour le 3 juillet.

1 juillet

Voyage en bateau sur l'île de Taquile. En passant, on s'arrête chez les Uros. Drôle d' atmosphère avec les touristes, que nous sommes.
Beau temps sur le lac Titicaca. Arrivée et accueil surprenant sur l'île. Les hommes tricotent, les femmes filent. On est dirigé par une femme vers une maison. On nous donne une case en terre avec 2 places pour dormir. Visite de l'île. En passant par leur marché artisanal, les hommes sont presque tous en costumes et tricotent en marchant. Les femmes portent aussi un costume, mais moins typique. Toute l' île est en terrasses pour les cultures.
Retour à la maison vers 17h45. Il fait déjà nuit. Souper avec soupe au spagetti et patates, puis riz, patates et oeuf. Maté de ? pour boire. On nous a prêté une lampe à pétrole pour s'éclairer.

2 juillet

Lever tôt pour voir le soleil se lever. En partant, on croise deux des enfants qui sont allés chercher de l'eau. On fait un tour dans l' île.
Déjeuner: 2 crêpes + 1 oeuf au plat avec du maté.
Jusqu'à midi, promenade, essai de pêche. Jean-François s'est baigné! dans le lac. Très beaux paysages, mais il n'y a presqu' au bord de l'eau où il n'y a personne.
Dîner comme le souper. On nous propose d'acheter différentes choses. Commerce is commerce.
On part comme on est venu, un jour est court pour nouer un petit contact, surtout pour moi. On croise les suivants sur le chemin du port. Retour en bateau avec un peu de vagues. Il fait nettement plus chaud à Taquile qu' à Puno. Retour au même hôtel.

3 juillet

On part pour Yunguyo et Copacabana. Bus le matin de Puno à Yunguyo.
On voyage avec Silvana, une Suissesse qui étudie à Berkeley et qui fait une année d'étude au Pérou. Elle était aussi à Taquile.
A Yunguyo, on prend un micro pour aller jusqu'à Copacabana. Passage de la frontière. Il faut représenter la feuille que l'on reçoit à l'entrée au Pérou. En entrant en Bolivie, on reçoit un visa de 30 jours.
Arrivée à Copacabana. On va à l'hôtel Imperio. Ici, il y a presque autant d'hôtel que de maisons. Visite de la ville qui est assez petite.
Changement de dollars : 1$=430 $B aujourd'hui!

4 juillet

Silvana va à l'île du Soleil.
Recherche d'un bus pour La Paz. On a de la peine, tous les bus standards sont pleins. Finalement, un peu rapidement, on plie bagages et on va avec un micro-bus. Beau voyage au bord du lac Titicaca. Traversée d'un bras du lac Titicaca avec un bac.
Le bus nous pose sur le plateau qui surplombe La Paz. Descente en taxi avec des Boliviens. On va à l'hôtel Austria. Visite de la ville. Le soir, on va au ciné. On y a aussi retrouvé des Suisses vu à Puno.

5 juillet

Découverte de la Paz. Pour déjeuner, il est très difficile de trouver un restaurant qui serve pain, beurre, confiture. Ils servent plutôt du cake ou des saltenas.
Pour dîner, on va dans un restaurant chinois, car ailleurs c'est pas terrible.
L'après-midi, on va au Monastère du Grand Poder. Le père Nicolas n'est pas là mais dans un village plus loin. On discute avec un père. Il ne savait pas que l'on allait arriver. On pourra laisser des affaires, si nécessaire.
Visite du marché qui est très grand. Marché artisanal très sympathique mais il ne semble pas y avoir de beaux pulls comme à Puno. On a aussi téléphoné au début de l'après-midi à Jean-Claude. Cela est très facile.
Le soir, on va manger dans le super-restaurant de l' hôtel Gloria. Il me semble que le Pérou soit plus facile pour le touriste que la Bolivie à première vue: meilleurs restaurants, meilleurs bus, meilleurs taxis. Le temps est toujours beau mais il fait un peu froid le soir.

6 juillet

On se sépare pour visiter un peu la ville. Vue d'une file d'attente très impressionnante de chômeurs dans un stade de basket. Sans doute une des plus longues files que j'aie jamais vu.
Dîner au China. On retrouve par hasard Silvana. Elle repart demain pour Cuzco. Passage à l' ambassade de Suisse où on nous parle que de militaire.
Excursion à la gare. Les temps de réservation sont très longs (1 semaine).
Visite de Saganaga, marché de sorcières. J'achète une quena pour 2000 $B.
On rencontre par hasard L. Luckie qui m'avait répondu de Mégève. Ils ont fait une très belle expédition depuis le Pérou dans la Cordillera Apolobamba. Ils vont maintenant descendre un fleuve avec un Zodiac.

Change de travellers à 450.
Jean-François change facilement son billet d'avion La Paz-Lima en La Paz-Cusco-Lima. Je cherche à prendre rendez-vous avec un taxi pour demain matin. Par téléphone 3000 pesos, dans la rue 700 pesos. On verra si ça marche.
Je commande un timbre (sello de gomma).
Souper à l'hôtel Gloria. La nuit, je suis un peu malade, la nourriture était-elle un peu avariée?

7 juillet

Lever à 3h30 pour aller chercher les copains à l'aéroport. A 4h, le taxi arrive! On trouve les copains déjà prêt dehors de l'aéroport. Bernard, François et Jean-Claude sont là. Pinu doit encore être en Afrique. Ils n'ont pas eu de problèmes avec le matériel. A Francfort, rien n'a été pesé.
On les met à l'hôtel Yanacocha où on les rejoint plus tard. L'hôtel est plus cher mais un peu plus comfortable.
On les conduit dans la ville pendant la journée. On va aussi au Club Andinismo. Il (Se┬ľor Martinez) nous conseille d' aller au Condoriri. Mais le transport est très cher, semble-t-il. On verra!
En rentrant à l'hôtel, je croise J. Gertsch de Fleurier, un copain de J-B Kureth que je connaissais un peu aussi. Il voyage depuis 18 mois en Amérique. On le reverra sûrement car il fait des voyages depuis la Paz.
Je suis allé chercher mon sello de gomma, livré dans les délais. J'en ai commandé un autre pour l'expé.

8 juillet

Commissions pour la semaine au Condoriri. Senor Martinez vient avec nous pour nous montrer où acheter et pour nous aider. Jean-Claude et Jean-François font les achats cuisine: un réchaud à kérosène et des casseroles.
A 15h, on rediscute avec Senor Martinez de la semaine au Condoriri. On décide e prolonger de 4 à 6 jours pour profiter du voyage.
Soir, on va à la pena.

9 juillet

Départ à 9h avec une superbe voiture. Senor Martinez nous accompagne. Jean-François, un peu malade ne vient pas. Il nous rejoindra peut-être mardi. On fait encore quelques achats. On a vu la plus longue file de bidons de kérosène. On achète du pain (20).
En route. On va en voiture jusqu'à quelques maisons, plus haut qu'une station de pompage pour l'eau de La Paz. On continue avec des lamas. Ils ne peuvent porter que 15 kg environ. On refait quelques sacs. Très beaux paysages en montant derrière le troupeau de lamas. On monte le camp près d'un lac. Il y a déjà des Allemands et deux tentes d' Italiens. Les Italiens sont en altitude. Souper, le réchaud marche bien!

Bernard
(à gauche)

bernard

Marche d'approche
avec les lamas,
au loin le Condoriri

approche

10 juillet

Montée sur un petit sommet avec François, Jean-Claude et Bernard en direction du Condoriri. La glace est partout très dure. Il n'y a pas de neige fraîche. Je me fais un peu mal à un genou en glissant. Les crampons marchent très bien.
Le soir, 3 petits Indiens restent assis à côté de nous en grelottant. Ils attendent évidemment le souper. Il est très difficile de cuire les légumes, cela prend beaucoup de temps.

11 juillet

On part faire un petit sommet neigeux dans la direction de l'Alpamayo Chico. On prend au milieu du glacier. Il ya beaucoup de grandes crevasses. Ensuite, on trouve un peu de neige où on enfonce à peine.
On monte au sommet par un chemin de pénitents. Belle vue sur l'Alpamayo Chico. Redescente sur le côté droit pour prendre rapidement la moraine. Au camp, les Italiens sont de retour : habits identiques, tente Goretex. Ils disent que le Condoriri est très dûr actuellement (pas de neige, glace vive).
Les Allemands sont partis en laissant leur merdier.
Dans la soirée arrivent encore deux Italiens qui ont dû retirer des cordes fixes.

12 juillet

Journée de repos. Les Italiens s'en vont. On prépare le programme pour les jours qui vont suivre. On attend Jean-François pour aujourd'hui. On prépare le matériel pour dormir 3 nuits au camp supérieur. Finalement, le temps se gâtant un peu, on décide de ne faire qu' un portage de nourriture et d' une tente.
En montant, on croit voir arriver Jean-François. On installe la tente de Jean-Claude tout près du glacier à environ 1h30 du camp de base. En redescendant, on voit que Jean-François n'est pas monté. Ce sont deux Français qui sont arrivés.

13 juillet

On part pour rejoindre le camp supérieur par un couloir. Montée assez pénible. On est chargé avec les sacs de couchage et le matériel de montagne. Couloir pas trop raide.
Arrivés sur le glacier, on dépose le matériel. Il y aurait de belles places pour des tentes.
On monte pour regarder l' itinéraire du Condoriri. On fait l'ascension de l'Ala Sur (5482m). Le Condoriri ne semble pas trop dûr.
Au retour au camp sup., Bernard ne se sent pas assez bien et redescend.

14 juillet

Lever 5h45. On déjeune peu. On monte en direction du Condoriri. Jean-Claude est malade. Il dégueule, mais monte tout de même. Au pied du Condoriri, Jean-Claude se décide à continuer. Montée 2 longueurs dans un couloir de glace. des pénitents nous aident à monter. On retrouve le matériel des Italiens. Ensuite, une arête mi-rocheuse mi-glace nous amène au sommet. Il faut faire très attention car le rocher est très mauvais, et la glace casse comme du verre.
Redescente par le même chemin. Jean-Claude fait beaucoup d'efforts en raison de son état. La descente est assez délicate. On récupère le matériel des Italiens. Finalement, 3 rappels de 40 m nous ramènent au pied du couloir de glace. Jean-Claude est assez fatigué . On redescend à la tente. On y arrive vers 17h.

Au sommet du Condoriri

Condoriri

15 juillet

Il fait toujours beau. Dommage qu'on n'aie pas le temps ni surtout la volonté de faire une autre course. On démonte le camp et on redescend au camp du lac. On croise dans la descente les 2 Français. Ils nous disent que Bernard est retourné d' urgence à La Paz. Il semble qu'il commençait un oedème pulmonaire.
L'après-midi, on joue aux cartes et on mange des oeufs.

   
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